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Patrick Béguinel

Patrick Béguinel

des textes courts, des chroniques, des nouvelles : mon univers...


"Fais de ta vie un rêve, et d'un rêve une réalité" Antoine de Saint-Exupéry

Publié par Patrick Béguinel sur 18 Janvier 2017, 13:38pm

crédit photo : Murielle Picou

crédit photo : Murielle Picou

(Ce texte m'a été inspiré par l'aventure de Murielle et Bruno que j'embrasse, où qu'ils se trouvent précisément sur le continent sud américain).

 

Eux, ils ne fantasmaient pas leur vie. Ils la vivaient !

Leur passion, c'était de découvrir le monde, en particulier cette partie du globe que nous nommons Amérique du Sud. Contrairement à bien d'autres, ils suivaient les préceptes d'un célèbre gourou (n'était-ce pas Antoine de Saint-Exupéry?) qui embrigadait les gens à vivre leurs rêves et non à rêver leur vie. Par sa célèbre citation « fais de ta vie un rêve, et d'un rêve une réalité », il avait rallié à sa cause ces deux rêveurs, ces deux passionnés. Ainsi, du Pérou à l'Argentine, en passant par la Guyane, ils avaient décidé de visiter, à bord de leur vaisseau d'acier, un camion aménagé, leur maison mobile, taillé pour les pistes et la poussière, ces terres dont l'imaginaire aime à se nourrir.

Cette fois-ci, ils n'étaient partis que tous les deux, laissant derrière eux, pour une fois, leur fille adolescente. La vie d'une adolescente n'est pas toujours façonnée à l'image des baroudeurs, aussi était-elle restée à terre, tandis que tous les deux, jeunes et fous, naviguaient sur cet océan fait de chemins cabossés, de marécages et de paysages de carte postale. Tous les jours, leurs yeux ébahis voyaient défiler des paysages à couper le souffle, des paysages variés et magnifiques, lunaires et tropicaux.

Des anecdotes, ils en avaient des milliers gravées dans le disque dur de leur mémoire. Comme cette fois où, alors qu'ils roulaient haut dans leur cabine perchoir, des policiers les arrêtèrent. Tout de suite fusèrent les interrogations quant à une improbable entorse au code de la piste : avaient-ils refusé la priorité à un alligator ? Avaient-ils enfreint la limite de vitesse tacitement concrète des 25km/h, vitesse de rigueur si vous ne voulez pas laisser, derrière vous, un essieu planté au beau milieu d'une route large comme un rouleau de sparadrap ?

Les hommes de la maréchaussée, empoussiérés par des jours, peut-être des semaines, postés dans leur guérite, les arrêtèrent. En ne ménageant pas leurs efforts, ils contribuèrent à faire accroître un peu plus la température. Que voulaient donc-t-ils ? Ces deux hommes, deux gamins timides, leur demandèrent s'ils pouvaient se photographier auprès du mastodonte écarlate. Il faut dire que de tels engins, ils ne devaient pas en voir passer des comme ça tous les jours !

Ainsi, ces deux "gens d'armes" réalisèrent un de leur petit rêve, le transmettant peut-être à leurs enfants une fois le retour au bercail effectué. "Regarde Papa devant le gros camion !" durent-ils dire. Et les yeux pleins d'étoiles des enfants illuminant le ciel de leur maison, rêvant eux aussi de piloter pareil monstre d'acier! Même s'il ne s'agissait là que d'une simple photo, les gendarmes avaient l'impression d'être eux-mêmes les propriétaires du véhicule. Il en faut parfois peu pour ranimer la flamme de l'innocence.

Des anecdotes comme ça, ils en ont plein la tête. Ils n'ont fait qu'écouter les préceptes de l'auteur du Petit Prince, qui n'a rien d'un gourou, vous le savez bien, mais tout d'un philosophe. Ils ont eu le courage de donner vie à leurs rêves. Nous devrions tous en faire de même, avant que l'innocence ne s'éteigne pour de bon.

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