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Patrick Béguinel

Patrick Béguinel

des textes courts, des chroniques, des nouvelles : mon univers...


ART ROCK 2017 02 juin (jour 1)

Publié par Patrick Béguinel sur 13 Juin 2017, 11:37am

Art Rock 2017 jour 1

 

Premier jour du festival Art Rock, à Saint-Brieuc, qui fête cette année ses 34 ans. Nous débutons tranquillement cette première journée de festival par la conférence de presse d'Octave Noire. Neon, le nom de leur album sorti en début d'année, suscite de nombreux commentaires élogieux, et Art Rock s'imposait comme un passage quasiment obligé pour le promouvoir. C'est donc à la maison de l'agglo que nous retrouvons Octave Noire pour une demi-heure d'entretien. Le chanteur/auteur/compositeur se prête de bonne grâce au jeu des questions-réponses, tout à la fois décontracté (il est arrivé en bermuda, à la cool) et avenant. Cet entretien nous a permis de faire le point sur ce projet qui a mis 4 ans à sortir du silence. Si Octave Noire a tout fait seul, la rencontre avec le Briochin Franck Richard (Acapulco 44, Yelle, Rafale...), organisée via le label Yotanka, apporta une pierre à l'édifice sonore du groupe. Rejouant toutes les parties de batterie (déjà enregistrées en amont), il a su dynamiser la musique aérienne, électro-pop symphonico-synthétique du parisien. L'adjonction de Tons (St Lô) aux claviers, pour la scène, fut le signe pour Octave Noire que son projet « personnel » prendrait désormais la forme d'un trio. C'est donc en tant que groupe qu'Octave Noire, même s'il n'a pas encore commencé l'élaboration du deuxième album, la suite de cette belle aventure.

 

Nous retrouvons le combo quelques heures plus tard sur scène. Il s'agit du premier groupe que nous verrons sur scène ce soir-là (nous avons fait l'impasse sur Naïve New Beaters. Pourquoi ? Parce que.

Il est 19h30, les festivaliers arrivent au compte goutte devant la petite scène, autrement appelée Scène B. La foule n'est pas au rendez-vous pour le début du concert d'Octave Noire, ce qui n'empêche pas le trio de proposer sa musique aérienne, aux atmosphères éthérées, parfois froide (Octave Noire nous disait pendant la conférence de presse être un grand fan de Kraftwerk et du courant Krautrock, pas franchement réputé pour la chaleur qui émane de leurs compos), avec brio. Nous avions craint que la beauté symphonique de la production perdrait un peu de son ampleur en extérieur, mais nous sommes tout de suite rassurés : le son est bon, la voix audible, bien que parfois un peu noyé lors des poussées rythmique et harmonique des claviers, et les arrangements ressortent aux moments adéquats, similaires à l'album, l'énergie en plus. Jouant de front sur la scène, le groupe, complice, s'amuse. Il est bon de noter que le batteur (excellent) joue de profil et, franchement, c'est super beau la gestuelle d'un batteur de profil (plutôt que caché au fond de la scène comme un secret honteux). En une heure, le répertoire d'Octave Noire est joué, dispersant aux quatre vents ses ambiances et harmonies stratosphériques, comme pour qu'un nouveau monde voit le jour.

 

Tout de suite après, direction la Grande Scène pour voir le phénomène australien Jagwar Ma. Le trio électro rock psychédélique se démène comme un beau diable pour rallier la foule à son délire chamanique. Ils jouent fort, ils jouent vite, mais, à notre humble avis, manquent un peu de charisme. En gros, c'est une déception. Pourquoi ? Dur à dire, mais la finesse émanant de leurs albums n'était pas au rendez-vous, sans doute à cause de basses trop présentes et mal échelonnées. Dommage.

 

À peine le show du trio terminé, retour vers la Scène B où le rappeur Roméo Elvis commence à chauffer la foule. Le Bruxellois à la voix grave maîtrise l'art de la scène et sait motiver une foule. Outre son exhortation à danser, à se casser la gueule (dans le contexte ça passe bien, il ne réclame pas de baston, mais juste un joli pogo aux premiers rangs), il ne cesse de complimenter le meilleur public du monde (démago, mais ça fonctionne toujours). Sa musique est un mélange de punchlines dévastatrices et d'humour (Belge il va sans dire). Plutôt bon enfant, il ne prône pas la révolution, mais plutôt les relations difficiles des couples... En gros... Sympa, d'autant plus que le gus se démène sur scène, mais ça reste du rap pur jus, donc vite répétitif et lassant au bout d'une vingtaine de minutes.

 

Il est temps pour nous d'aller prendre une petite bière. Nous choisissons la buvette placée à proximité de la Grande Scène où débute l'un des concerts très attendus des festivaliers, à savoir celui de La Femme. Comment dire... Nous ne sommes pas fans de La Femme, mais genre pas du tout. Cependant, nous devons avouer certains aspects positifs de leur musique. Le premier, c'est qu'ils maîtrisent leurs effets : danseuses seins nus en début de set, qui reviendront par la suite déguisées pour se trémousser en rythme sur les compositions surfwave du combo. Deuxième aspect positif, leur son. Les claviers vintage ont cette saveur particulière qui fait le sel de toute bonne formation inspiré 60-70's qui se respecte. Enfin, l'énergie punk (avec ses approximations au chant) est touchante. Bon, ils font le taf, un titre trippant nous étonne par sa qualité (et cette petite phrase bien sentie : on va tous mourir et c'est la vérité). Pour le reste, ça nous laisse de marbre, les compositions se ressemblent toutes un peu, mais nous ne sommes pas objectifs (nous ne sommes pas fans de La Femme qu'on vous a dit).

 

Détour vers la scène B pour découvrir une chanteuse Belge hip Hop Soul prénommée Coely. Sensation ! La rappeuse possède une voix absolument envoûtante, puissante, chaude. Certes, nous direz-vous, sur du rap ça ne saute pas aux tympans, et vous aurez un tout petit peu raison. Parce qu'elle a du coffre, et une sacrée présence scénique, elle rassemble les spectateurs devant la scène. Et quand elle part dans un petit chant A Capella, c'est les frissons qui nous parcourent l'échine. Magnifique, intelligente, sa musique allie l'imagerie soul et les sonorités plus urbaines. Si Coely a déjà assuré les premières parties de Snoop Dog, Kendrick Lamar, Kanye West, nul doute que, bientôt, elle sera la tête d'affiche de nombreux concerts et festival. Bref, on a adoré !

 

Et vint enfin le moment tant attendu de la soirée, voire du festival : The Kills. Alors, comment vous dire... ÉNORME !!!!! Nous n'allons pas faire nos fans, mais le show du duo nous a estomaqués. Pourquoi ? Parce que la musique abrasive du groupe trouve sur scène une dimension dantesque, une chaleur nucléaire qui irradie partout autour d'elle. Dire qu'écouter leur disque est déjà, en soi, une bonne chose, mais les voir sur scène transcende véritablement leur musique. Allison et Jamie meuble l'espace de la Grande Scène sans forcer tant ils dégagent quelque chose de magnétique. Au bout de trois quarts d'heure de show, nous nous sommes rendu compte que pas un seul instant nous n'avions pensé à regarder l'écran géant placé à droite de la scène pour voir plus en détail ce qui se passait sur celle-ci. Nous regards étaient rivés sur la chevelure peroxydée d'Alison Mosshart, sur sa gestuelle féline également, ainsi que sur les riffs fiévreux de Jamie Hince et sa dégaine de prince blasé. Le son était absolument monumental, la balance aux petits oignons et le light show au diapason du reste. Très pro, mais pas déshumanisé. Voir The Kills sur scène et mourir, voilà ce qui pourrait résumer ce concert.que nous ne sommes pas près d'oublier.

Pour clore cette première journée de festival, nous nous sommes rendus au Forum De La Passerelle pour y voir le show de Las Aves, groupe toulousain à la croisée des styles. En effet, le quatuor sur scène explose les codes de la pop en la rendant explosive, animale. En mêlant chant et spoken world, en intégrant des passages électro ou rnb, Las Aves surprend. En se mélangeant au public, en occupant l'espace, assez réduit, du forum, ils nous ont démontré l'étendue de leur art et de leur prestance. Nous sentons poindre chez ce groupe un potentiel de dingue et nul doute que nous entendrons à nouveau parler de Las Aves très bientôt.


Ainsi s'achève la première journée du festival. Nous retiendrons donc de celle-ci la confirmation d'Octave Noire, la déception Jagwar Ma, la révélation Coely, l'espoir Las Aves et surtout la claque une nouvelle fois ÉNORME !!!! de The Kills. Après tout ça, nous pouvons dormir heureux !

 

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