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Patrick Béguinel

Patrick Béguinel

des textes courts, des chroniques, des nouvelles : mon univers...


ART ROCK 2017 03 juin (jour2)

Publié par Patrick Béguinel sur 13 Juin 2017, 11:45am

Art Rock 2017 jour 2

 

Deuxième journée du festival. Nous allons tout de suite l'avouer, cette journée ne nous inspire que peu. La majorité des concerts sont tournés vers le monde, l'Afrique en particulier, et vers un spectateur lambda consommateur de FM.

Nous y allons donc sans réel espoir de (bonne) surprise. Néanmoins, Art Rock, ce n'est pas que des concerts. C'est aussi une exposition numérique se déroulant au musée. À l'intérieur, nous découvrons plusieurs installations. La première est une vidéo de Bill Viola. Cet artiste reconnu mondialement, et ayant eu le droit à une rétrospective au Grand Palais (Paris) en 2014, est actuellement considéré comme l'un des plus grands représentants de l'art vidéo au monde. Sa vidéo intitulée Three Woman nous démontre que c'est effectivement le cas.

Filmée en haute définition, dans un superbe ralenti, cette vidéo est aussi fascinante que dérangeante. Au loin, trois formes apparaissent. Trois femmes. Trois générations peut-être. Elles arrivent vers nous, lentement, dans un magnifique noir et blanc, et traversent un écran d'eau, un rideau qui les fait passer de l'ombre (noir et blanc) à la lumière (couleur). Puis elles nous dévisagent, contemplent le monde, puis à petit à petit, toujours dans ce fascinant mouvement ralenti (ou slow motion si nous voulons être chébran), retournent vers l'ombre, en traversant la cascade d'eau dans l'autre sens. Métaphore de la vie (mise au monde, trépas), ce passage est aussi une référence au Styx, fleuve mythologique Grecques séparant le monde des morts et des vivants. Hypnotique.

Une autre installation nous fait un gros effet. Il s'agit de celle de Julius Popp. Grâce à un algorithme, celui-ci fait pleuvoir des mots. Littéralement pleuvoir car ces mots sont faits d'eau. Ils tombent dans une bâche puis retournent dans le circuit d'eau, pour prendre la forme d'un autre mot. La chute d'eau a un effet berçant, hypnotique là aussi, mais notre regard lui est alerte. Le savoir-faire technique est absolument incroyable et l'installation de l'Allemand nous émerveille comme des gamins. D'ailleurs, nous y avons vu une petite fille imitant la chute de l'eau et se trémoussant à la musique de celle-ci chutant dans la bâche.

 

Nous découvrons, dans cette même salle, les photographies d'icebergs de Lynn Davis. Dans de superbes noir et blanc, l'américaine capture ces monuments de glace dans la baie de Disko, au Groenland. L’œil de l'artiste est affûté et nous restitue la majesté de ces édifices architecturaux de glace, hauts comme des immeubles flottant sur une mer d'huile. Les reflets nous perdent dans nos repères.

Toujours dans la même salle, sur la longueur du bâtiment, est projetée une vidéo d'un bassin d'eau. Le clapotis est ultra présent, le bruit du siphon quand le bassin se vide l'est tout autant. Nous avons l'impression, dès que nous pénétrons les lieux, d'être plongé directement dans une piscine ou dans un évier géant. Étrange.

Enfin, à l'étage du musée, l'allemand Nils Völker nous propose une installation féérique. Sur une base parallélépipédique sont installée une multitude de ventilateurs d'ordinateur, soufflant dans des sacs en plastique. Grâce à un algorithme, là-aussi , les ventilateurs se mettent en marche et gonflent les sacs, formant des vagues, le flux et reflux de celles-ci, ou un ventre se gonflant lors d'une inspiration, se vidant lors de l'expiration. Organique, minimaliste, son œuvre nous laisse un souvenir prégnant, quelque peu angoissant (mais également apaisant tant le souffle des ventilateurs évoque celui du vent ou de la mer). Nous naviguons là dans un univers poétique résoluement moderne.

 

Un peu plus tard dans la journée, nous nous rendons vers la grande scène. Nous arrivons pour la fin du show d'Ibibio Sound Machine. Trop tard pour en faire un retour, mais l'énergie semblait être là, une énergie festive bon enfant. Tant pis pour nous. Direction la scène B pour y découvrir Paradis, groupe parisien d'électro-pop que, malheureusement, nous n'avons pas aimé. Dommage pour eux, mais il faut être honnête, le chanteur est très moyen et le jeu de scène quasi inexistant. Oui, on casse, mais c'est comme ça.

Paradis

 

 

Au bout de deux morceaux, nous n'en pouvons plus et c'est à reculons que nous nous dirigeons vers la grande Scène pour y attendre Julien Doré. Nous vous voyons arriver avec vos gros sabots : non, mais qu'est-ce-que vous foutez-là les gars ? Franchement, nous nous posons aussi la question. Nous n'allons pas faire dans la dentelle en disant que le seul truc intéressant du show est que Julien Doré a un bon guitariste dans son équipe. Pour le reste, la « star » est insupportable ! Déhanchements plus qu'irritants, articulation inexistante (c'est dire, nous avons mieux compris ce que racontaient, par exemple, Alisson Mosshart et Jamie Hince la veille, en anglais, que ce que chantait le français). Musique FM, textes bateau (enfin les quelques refrains dont nous avons saisi le sens), mais il jouait en terrain conquis. Quand est-ce que nous aurons des décideurs de « talents » qui nous proposeront autre chose que de la merde en barre ? Alors le public (soit plus vieux de 10-15 ans que la veille, soit 15-20 ans plus jeune) est content, saute, reprend en choeur les fameux refrains incompréhensible tandis que Môssieur se pavane comme un coq. Allez, on arrête les frais, nous préférons retourner voir Paradis au bout de deux morceaux et demi (nous étions coincé par la foule, vous comprenez... Sinon nous nous serions taillé de là bien plus tôt).

julien doré

 

Tiens ! Mon cousin est à la régie lumière de la Scène B. Nous discutons tandis qu'une grosse pluie d'orage survient. Nous nous mettons à l'abri, parlons un peu matos, tandis que s'installe Clément Bazin. Ce professeur de Steelpan (instrument de percussions originaire des Antilles) propose une musique électro dont l'aspect un peu froid, par nature, entre en confrontation avec les fameux steelpans, aux sonorités évoquant les plages de sable fin et l'eau turquoise. Plutôt intelligente, sa musique produit un effet euphorisant. C'est donc avec le sourire que nous écoutons une parti du set du bonhomme. L'inconvénient de ce genre de musique néanmoins, c'est que scéniquement, elle ne dégage pas grand-chose. Nous voulons que ça bouge et même si ce que propose Clément Bazin est de qualité, nous souhaitons un gros son funky groovy. Ah ben ça tombe bien, Deluxe s'installe sur la Grande Scène.

deluxe

Ni une ni deux, nous nous dirigeons vers celle-ci. Dans de flamboyants costumes évoquant l'univers circassien, les « Monsieur Loyal » de Deluxe ne tergiversent pas ! « Tout le monde les mains en l'air », « Saint-Brieuc vous allez foutre le bordel ce soaaaaaaaaaar ! » etc... Le groupe sait s'y prendre pour faire bouger une foule. Originaires d'Aix En Provence, repéré par Chinese Man, le sextet propose une musique faite de percussions endiablées, d'une méchant groove à la basse, de passage hip-hop survitaminés. Outre une chanteuse absolument parfaite (tant sa voix très soul et sa jupe moustache que par ses déhanchements et son sens du rythme), nous avons là un sprinteur saxophoniste, ou l'inverse, un Dj/batteur, un percussionniste, un guitariste, un bassiste qui dynamite la scène, exhortant le public à bouger, à se lâcher, à faire la fête et la sauce prend. Au milieu de la foule, nous nous faisons (gentiment) secouer par une horde de spectateurs ivres du son des provençaux, de leur énergie communicative et de leur son puissant. C'est bon enfant, plutôt bien fait, les chorégraphies sur scènes sont bien amenées. Nous aimons le moment d'accalmie où le groupe nous propose un titre en acoustique, sans pour autant que celui-ci ne casse la dynamique mise en place depuis le début du show. Bref, c'est un très bon concert que nous avons vu là ce soir. Le dos en vrac, nous décidons d'en rester là pour ce soir.

En effet, le jour 3 s'annonce palpitant avec les Anglais de Metronomy et d'Archive. Nous voulons garder un peu de force pour vous rencarder sur ces shows prometteurs.

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